• Ms. Hammurabi

    Ms. Hammurabi
    미스 함무라비
    Corée du Sud
    Diffusion : 21 Mai 2018 au 10 Juillet 2018
    Chaine : jTBC
    Genre : Romance, Drame, Justice
    16 Episodes 65 min
    Casting : GO A RA, KIM MYUNG SOO (L), SUNG DONG IL, RYU DEOK HWAN, LEE TAE SUNG, LEE ELIJAH, KIM YOUNG OK, AHN NAE SANG, LEE CHUL MIN
    Résumé : Miss Hammurabi est un drame judiciaire sur une juge exagérément compatissante, Park Chao Reum (Go Ara) et son confrère à la tête froide, Ba Reun (Kim Myung Soo). Park Chaoreum (Go Ara) est une juge nouvellement nommée qui est affectée au 44e Département des affaires civiles du district central de Séoul. Elle est toujours à l'affût de l'injustice et elle est capable de s'identifier profondément aux autres. Par rapport à elle, Im Ba Reun (Kim Myung Soo) est un homme de principes rigide qui a pour credo de créer un « tribunal égal pour tous ». Il est mécontent de la juge subalterne, Park Chao Reum (Go Ara), qui est trop compatissante lorsqu'il s'agit d'affaires judiciaires.

    « A Love So BeautifulFatal Promise »

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  • Commentaires

    1
    sooki
    Mercredi 29 Juillet à 19:46

    Excellent drama, notamment le scénario et la réalisation/mise en scènes, on a droit à de brillantes leçons sur le respect d’autrui avec raisonnement percutant à l’appui, j’aime beaucoup.

     « vous êtes vraiment du genre à vous assurer d’obtenir votre revanche », la demoiselle nouvellement au poste de juge se présente avec une personnalité attrayante, un poil irritante, avec un sens finement aiguisé de la justice, disposant d’une belle empathie, donc un scénario axé sur une protagoniste du type redresseur de torts, idéaliste dans l’âme, face à son collègue masculin d’une belle droiture mais spécifiquement ancré dans la réalité environnante, « c’est ainsi que marche le système », un passionnant duo avec des dialogues très percutants ainsi qu’une interrogation lumineuse  sur l’appareil judiciaire et sa fonctionnalité au sein de la magistrature.

     « les cris de l’impuissance », bluffer sur le fait de vouloir changer le monde ? ou s’assurer qu’il ne devienne pas pire ? « soyez objective, et suivez strictement les règles… comme un robot », conseil rejeté par l’aspirante au changement qui manifestement enfourche un cheval de bataille, en oubliant quelque peu le code de conduite judiciaire avec l’intention ferme de changer le système judiciaire.

    Particulièrement bien apprécié le questionnement sur « être saine d’esprit » et sur « la normalité », prestation impeccable des acteurs principaux notamment, parfait casting d’ensemble.

    « une société remplie de gens avec des problèmes de gestion de colère », totalement juste, une majorité de la population a un besoin impérieux d’écoute, voire de prise en charge psychothérapeutique à ce niveau, l’affaire au tribunal de la poêle à frire représente un excellent exemple bien concocté en concentré, très mélo mais éloquent.

    « la justice est aussi une sorte de ressource limitée », définition de base de l’appareil judiciaire. 

    Bien aimé le passage à la sortie du métro, une pratique courante de mettre des écouteurs pour s’isoler dans une musique choisie afin d’éviter de percevoir les gens alentours, s’isoler dans son petit monde, ne pas voir ni entendre la détresse, comme c’est commode.

    Bien apprécié la parabole des lièvres et des tortues : « Des gens qui ne sont pas des génies… le respect des aînés et la compassion sont toujours les premiers dans notre société. » dixit le juge en chef, cependant concernant le juge de district en question cela ne semble guère évident, surtout au niveau de la compassion inexistante et du mépris sexiste affiché envers sa subordonnée.

    La juge en révolte évoque la fierté et la compétition, peu crédible avec une reconnaissance d’autrui, la demoiselle jonglant ensuite avec des notions abstraites.

    « La sincérité peut être très puissante mais ce n’est pas aussi durable que l’égoïsme », bien vu, une affirmation qui joue avec finesse sur des significations différentes.

    Une intéressante métaphore, survivre requiert de laisser autrui se noyer ? Entre l’individualisme et le soutien de groupe, un choix cornélien avec une protagoniste un poil agressive et très émotive, cependant dotée d’une haute conscience, le type humain à chercher comme une aiguille dans une botte de foin.

    « Dans cette organisation ne causer aucun problème passe en premier », par ailleurs pour régler un problème il convient nécessairement de passer par une procédure dont la juge débutante n’a pas connaissance, passionnant.

    « Rester dans la zone de confort des autres », bien aimé l’expression, d’autant que pointer du doigt une personne fautif responsable dans une organisation hiérarchique relève plus de la vengeance et n’est pas du tout la bonne stratégie, les autres responsables se sentiront évidemment concernés et feront bloc avec les sous-fifres dans la lignée. La nécessité primaire est de s’attaquer à la structure organisationnelle afin de rassembler tous les travailleurs brimés, chacun d’entre eux ayant ses propres griefs pertinents qui pourraient converger en faisant émerger un consensus.

    A l’épisode 5, la protagoniste principale fait un émouvant éloge à destination de la hiérarchie de la magistrature, le drama ayant volonté de reconnaissance de cette profession assez décriée, notamment dans les récurrentes séries basées sur la corruption.

    J’aime bien les discussions dans les toilettes et aussi les individus qui se parlent à eux-mêmes à voix audible, évidemment face au miroir, intéressante logique, effectivement ça s’appelle « marmonner ».

    Des passages très émouvants avec les procès civils.

    Certes, nombre d’avocats ont des difficultés à gagner de bons revenus d’autant quand ils perdent à répétition des procès, l’exemple dans le drama avec un spécimen qui confond les pots de peintures avec les pots de cosmétiques est pathétiquement consternant mais hilarant. Comment prendre le client pour un gogo en lui servant des mensonges avec le couplet final sur la prédilection des coréens au partage de repas pour sceller des dessous de table, le dialogue fait dans l’autodérision et le coup de l’interprétation des postures des juges est carrément délirant.

    La magistrature tente vaillamment de redorer son blason, optique flagrante du drama. Avec en ligne de mire les copinages et faveurs aux ex-collègues, les propositions de l’administration pour paraître équitables avec mise sur place d’un système d’espionnage, l’allusion à l’arbre pourri qui fait suspecter l’ensemble du verger, le passage aux urgences avec demande de faveur, brillante progression du scénario qui brasse la problématique complexe des pressions qui s’exercent irrémédiablement dès lors que les positions atteignent au pouvoir.

    « le monde est dirigé par des désirs spécifiques et non pas par des valeurs abstraites », malheureusement réaliste, le juge en chef ressort la référence à la lame à double tranchant.

    La volonté de vengeance ou juste de revanche comme désir de pouvoir, intéressant questionnement sur ce qui peut faire changer le monde, quelque chose nécessairement au-delà du monde.

    « des gens qui ne se sentiront jamais mal pour ce qu’ils ont fait et ne reculeront pas non plus » absence de conscience morale et d’empathie, l’éducation y joue un rôle important mais n’est pas suffisante compte tenu que certains êtres sont malfaisants par désir irrépressible de puissance ce qui pose interrogation sur l’inné et l’acquis, par ailleurs faute d’amour prime la loi du talion, sans compter que la valorisation qui se propage à vitesse grand V est celle de l’avoir au détriment irrémédiable de l’être, l’humanité est mal barrée.

    « vous ne devriez ni vous énerver ni abandonner », sage compréhension à mettre en pratique ce qui exige beaucoup maîtrise de soi et une patience à toutes épreuves, cela s’apprend, d’autre part se positionner en victime tient d’une stratégie d’impasse qui n’aide pas à en sortir, d’autant que les cieux appartiennent aux bienheureux.

    L’épisode cadré sur la jeunesse en abandon et souvent en recherche d’expédients pose question sur les structures coréennes existantes  ou non existantes pour les enfants en détresse ?

    J’aime bien les tronches des juges, un panel d’acteurs bien choisis.

    « Etre fortement influencé n’est pas considéré comme une vertu pour un juge. » finement exprimé, brillante ironie  sur les juges sous influence peu recommandables, j’ai bien apprécié aussi l’assertion sur le fait de ne pas contrarier le public afin de restaurer la confiance dans ses instances juridiques, in fine le peuple fait la loi… Epatant, un juge de division en profite pour remettre en perspective les valeurs de la loi et des règles, une étonnante réunion du genre règlements de comptes entre collègues dans la forme rhétorique avec physionomies ad hoc… un régal happy 

    Tous égaux devant la loi ? en théorie cela va de soi, en pratique si pas de pognon pas d’armada d’avocats susceptibles d’éplucher les textes de loi pour en tirer le meilleur parti de défense du client… certes, le juge décide du verdict selon la loi, mais équitablement ? le jugement repose sur les faits et les preuves sous condition que ceux-ci ne soient pas truqués et la performance d’un avocat peut faire pencher la balance.

    Affrontements et rébellion dans le dernier épisode avec des leçons de morale à destination de la population (locale et autres) sur musique adéquate pour l’exaltation, en tablant sur le fait que sans émotion pas de véritable revendication. Au nom de l’intégrité à défaut de la justice, un rappel reste éminemment salutaire d’autant que l’émotion est volatile. Par ailleurs, on apprend comment se fait la sélection du jury en Corée et aussi que leur verdict n’est pas déterminant sauf exceptions, chaque juré ayant ses problèmes, points de vue et difficultés, panel intéressant sur les différences humaines.

    Particulièrement apprécié le final qui repose sur la prise de responsabilité et le sens du devoir mais aussi sur le passé qui doit s’effacer face au présent qui détermine un avenir. Un choix musical qui monte vers les cieux et fait apothéose…

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